
Les nouvelles habitudes d’information des jeunes, l’utilisation de l’intelligence artificielle, ainsi que les événements liés à la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient ont été au cœur des discussions de la sixième édition du festival Médias en Seine. En voici un résumé.
Présentation des résultats du baromètre La Croix « La confiance des Français dans les médias »
Avec les interventions de Jean-Philippe Baille (Directeur de franceinfo et Directeur de l’information de Radio France), Marie Boeton (Grand reporter à La Croix L’Hebdo), Guillaume Caline (Directeur Enjeux publics et opinions pour l’entreprise de sondages Kantar), Nicolas Charbonneau (Directeur des rédactions du Parisien), Jean-Christophe Ploquin (Rédacteur en chef de La Croix) et Nathalie Sonnac (Professeure à l’Université Panthéon-Assas, spécialiste de l’économie des médias, de la culture et du numérique).

L’enquête à l’origine du dernier baromètre La Croix / Kantar sur la confiance des Français·es dans les médias a été réalisée début octobre, au moment où a éclaté le conflit entre le Hamas et Israël. Un contexte qui peut expliquer l’intérêt des Français·es pour l’actualité, qui s’élève cette année à 75%. Ce niveau est historiquement haut comparé à la période 2017-2022 où la fatigue informationnelle était plus forte en raison notamment de la crise du Covid-19.
Ce qu’il faut retenir
- La lassitude persiste, surtout chez les plus jeunes et chez les femmes. Les raisons avancées ? « On parle toujours des mêmes sujets dans les médias » (48%), « Je me sens angoissé·e et impuissant·e face aux mauvaises nouvelles » (38%), « Je n’ai pas confiance en ce que disent les médias » (27%).
- Les principales sources d’information des Français·es ne bougent pas. Il s’agit, dans l’ordre, des journaux télévisés, des chaînes d’information en continu, des réseaux sociaux, des journaux à la radio, de la presse régionale sous forme numérique, des émissions d’actualité et de débats à la TV et de la presse régionale en format papier.
- Seul·es 18% des Français·es déclarent dépenser de l’argent pour être informé·e de ce qu’il se passe dans l’actualité. Les jeunes sont plus nombreux·es à se dire prêt·es à souscrire un abonnement pour accéder à de l’information.
- Le partage d’information sur les réseaux sociaux par des non-journalistes est dans l’ensemble jugé négativement malgré un net clivage générationnel. 73% considèrent que cela participe à la diffusion de fausses informations et à des théories du complot.
- Côté intelligence artificielle (IA), 30% des Français·es aurait aujourd’hui confiance dans un média qui aurait recours à l’IA pour choisir les sujets à traiter, choisir les articles qu’il propose, préparer la rédaction de ses articles et rédiger ses articles. L’écrasante majorité (84%) exprime un besoin de transparence des médias à ce sujet.
Les citations clés
- « Pour retrouver la confiance des Français·es, les médias doivent questionner leurs pratiques pour apporter trois choses : de la nuance, du temps long et de la transparence », Nathalie Sonnac, Professeure à l’Université Panthéon-Assas, spécialiste de l’économie des médias, de la culture et du numérique.
- « On doit ouvrir nos rédactions, expliquer comment on travaille, expliquer le prix d’un reportage. Peut-être qu’il faut oser des formats nouveaux consistant à expliquer aux lecteur·ices d’où les journalistes leur parlent », Marie Boeton, Grand reporter à La Croix L’Hebdo.
- « On a oublié qu’on avait des lecteur·ices, on est resté·es dans un entre-soi et petit à petit, les gens se sont détournés. Aux conférences de rédaction du Parisien, on se demande toujours si tel ou tel sujet va bien parler à nos lecteur·ices », Nicolas Charbonneau, Directeur des rédactions du Parisien.
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L’IA dans les rédactions : faut-il une charte ou une auto-régulation ?
Table ronde animée par Camille Pettineo (Data-journaliste à l’INA). Avec les interventions de Thibaut Bruttin (Adjoint au Directeur général de Reporters sans frontières), Pierre Chausse (Directeur délégué des rédactions du Parisien) et Erik Kervellec (Chargé de mission sur les usages et les conditions du déploiement d’outils d’intelligence artificielle dans les rédactions de Radio France).

Ce qu’il faut retenir
- En mai dernier, le groupe Le Parisien-Les Échos a publié une charte sur son utilisation de l’IA au sein de sa rédaction. Objectif : encadrer son usage et faire preuve de transparence auprès de ses lecteur·ices. Dans ce tour d’horizon dédié à l’IA, nous faisons le point sur les différentes chartes disponibles.
- Pour nourrir leurs bases de données, les intelligences artificielles utilisent des « crawlers » permettant « d’aspirer » les informations disponibles sur internet. Les sites du groupe Radio France bloquent les accès des IA à leurs contenus. C’est également le cas pour d’autres médias comme le New York Times ou Mediapart.
- L’ONG Reporters sans frontières a initié la conception d’une Charte de Paris sur l’IA et le journalisme. La commission chargée de sa rédaction était présidée par Maria Ressa, lauréate du prix Nobel de la paix 2021.
- Radio France organise des « forums » afin de permettre à l’ensemble de son équipe, des journalistes aux membres de l’Orchestre Philharmonique, de se familiariser aux outils basés sur l’intelligence artificielle.
Les citations clés
- Face à l’IA, « le journalisme peut prendre davantage de valeur dans un monde dans lequel la vérité sera un défi encore plus grand », selon Pierre Chausse, Directeur délégué des rédactions du Parisien.
- Peut-on échanger avec les grandes entreprises du secteur de l’IA ? « On n’arrive pas à avoir un dialogue normal avec ces entreprises », regrette Erik Kervellec, Directeur adjoint de la rédaction de Radio France.
- « On bloque des crawlers (aspirateurs de données utilisés par l’IA). C’est un moyen d’amener les GAFAM à la discussion. On est dans un rapport de force et ça nous donne un moyen de pression », Érik Kervellec, Chargé de mission sur les usages et les conditions du déploiement d’outils d’intelligence artificielle dans les rédactions de Radio France.
- « Il est fondamental de négocier ces virages technologiques. Il est hors de question de regarder passer les trains. Il faut s’engager et essayer », Thibaut Brutin, Adjoint au Directeur général de Reporters sans frontières.
- Dans le cadre des négociations sur l’IA, il convient de « résister à la tentation de vouloir faire venir tout le monde autour de la table » face aux acteurs réticents comme les grandes entreprises selon Thibaut Brutin.
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De nouveaux outils IA et data au service de l’info
Table ronde animée par Cécilia Gabizon (Vice-présidente d’ETX Majelan). Avec les interventions d’Alexandre Barlot (Chef du Pôle social media à franceinfo), Marianne Bouchart (Fondatrice et directrice de l’association HEI-DA pour le développement des médias et du journalisme de données), Ioana Manolescu (Directrice de recherche à l’Inria, Professeure chargée de cours à l’École polytechnique) et Katie Polglase (Investigative Producer à CNN).

Ce qu’il faut retenir
- Katie Polglase, journaliste d’investigation à CNN explique avoir renforcé dès son arrivée dans la rédaction l’utilisation d’outils de renseignement d’origine en sources ouvertes (OSINT). Elle insiste sur la place centrale des outils de géolocalisation pour vérifier l’information dans le contexte de la guerre en Ukraine et du conflit Israël/Hamas et pour trouver des histoires originales à raconter.
- Directrice de recherche à l’Inria, Ioana Manolescu a présenté StatCheck, un outil conçu spécialement pour le groupe Radio France et qui permet de vérifier les posts de personnalités publiques sur les réseaux sociaux à partir de données de l’INSEE et Eurostat. L’outil est un gain de temps pour les journalistes et permet de leur offrir une aide dans leur travail de fact-checking.

Les citations clés
- « La pratique permet de s’approcher de la perfection. Je ne crois pas que l’OSINT soit réservée aux journalistes : des internautes enquêtent en sources ouvertes sur leur temps libre au quotidien », Katie Polglase journaliste d’investigation à CNN.
- « La communauté internationale de journalistes non-anglophones manque d’outils accessibles dans leur zone géographique, hors connexion et capables de manipuler des contenus audio dans différents dialectes », Marianne Bouchart, Fondatrice et Directrice de l’association HEI-DA pour le développement des médias et du journalisme de données.
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Nouveaux formats, nouveaux thèmes, nouveaux récits : Comment revisiter la presse écrite ?
Conférence animée par François Quinton (Rédacteur en chef de La Revue des médias de l’INA) avec l’intervention d’Éric Fottorino (Co-fondateur de l’hebdomadaire Le 1 et des trimestriels Zadig et Légende).
Ce qu’il faut retenir
- Le 1 revendique entre 19 000 et 20 000 abonné·es et 10 000 à 12 000 ventes en kiosque.
- Pour choisir son papier, l’équipe du 1 a pris le temps d’en écouter plusieurs. Nous en parlions il y a quelques jours avec Natalie Thiriez, Directrice artistique du journal, dans cet entretien.
- L’augmentation successive du prix du papier a conduit à une hausse du prix de vente du journal. Le ministère de la Culture, qui a décidé de constituer un fonds d’urgence pour les journaux, a décidé que de ne pas attribuer une aide au journal.
Les citations clés
- « Depuis le lancement du 1, il y a 800 à 1000 points de ventes qui ont disparu (…) On voit qu’avec ce réduit on nous renvoie encore plus vers les écrans », Éric Fottorino, co-fondateur du 1 et des trimestriels America, Zadig et Légende.
- « Quand vous lisez quelque chose dans le 1, vous vous souvenez que vous l’avez lu dans le 1. Sur internet, vous lisez des morceaux de journaux », Éric Fottorino.
- Défendre le papier, ce n’est pas de la nostalgie précise Éric Fottorino. « Je pense que c’est très moderne. Aujourd’hui il est nécessaire de pouvoir lire un texte sans qu’aucune autre dimension comme la publicité ne vienne parasiter la lecture »
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Faut-il parler jeune pour toucher les jeunes ?
Table ronde animée par Cyril Destracque (Rédacteur en chef cross-média franceinfo). Avec les interventions de Carole Bélingard (Rédactrice en chef réseaux sociaux franceinfo et Rédactrice en chef du format vidéo « C quoi l’info ? ») et Estelle Cognacq, (Directrice adjointe de franceinfo et à l’origine du lancement du podcast « Ça dit quoi ? »).

Ce qu’il faut retenir
- En septembre dernier, franceinfo lançait « Ça dit quoi ? » une émission radio diffusée du lundi au vendredi à destination des 15-25 ans. Parallèlement, un journal à destination des 12-18 ans, « C quoi l’info », est diffusé sur le canal 27 et les réseaux sociaux depuis début octobre.
- L’équipe de « Ça dit quoi ?» se réjouit d’un bon démarrage, revendiquant 290 000 écoutes sur le mois d’octobre. Du côté de « C quoi l’info », franceinfo enregistre une hausse de ses audiences cumulées (TV, TikTok, Youtube, Snapchat …) au fil des semaines, en partie portée par la production de formats courts diffusés sur les réseaux sociaux.
- « C quoi l’info » a finalement affiné sa cible au fil des semaines. Plutôt que de s’adresser à un public entre 12 et 18 ans, elle produit désormais ses contenus avec la volonté de toucher un public entre 12 et 15 ans.
- « Ça dit quoi ? » a noué un partenariat avec Spotify. L’émission apparaît dans la playlist « Mon Daily », mélangeant musiques et podcasts.
Les citations clés
- « On a souhaité combler un vide. Aujourd’hui, avec la place qu’occupent les réseaux dans la vie des ados, ça semblait indispensable d’aller les chercher là », Carole Bélingard (Rédactrice en chef réseaux sociaux franceinfo, et Rédactrice en chef du format vidéo « C quoi l’info ? ».
- «On voulait utiliser le savoir-faire de franceinfo avec une ligne différente de la radio », Estelle Cognacq, Directrice adjointe de franceinfo, à propos de l’émission « Ça dit quoi ? ».
- « On essaye d’avoir un équilibre entre des infos qui sont un peu plus lourdes et des infos plus légères, sans tomber dans l’anecdotique », Carole Bélingard.
- « On essaye de pas utiliser trop de jargon journalistique mais plutôt de faire quelque chose d’accessible à tous·tes. Il ne faudrait pas faire quelque chose qui sonne faux, ni adopter des codes qui ne sont pas les nôtres », Estelle Cognacq.
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À quoi sert l’éducation aux médias ?
Table ronde animée par Emilie Gautreau (Cheffe de la cellule « Le Vrai du Faux » de franceinfo), avec les interventions de Serge Barbet (Directeur du CLEMI), Manon Berriche (Doctorante au médialab de Sciences Po, assistante de recherche dans le cadre du projet Européen De Facto et experte associée auprès de la Fondation Reboot), Séverine Erhel (Maîtresse de conférences en psychologie cognitive et ergonomie à l’Université Rennes II) et Antoine Deiana (Journaliste à franceinfo au sein de la cellule « Vrai ou faux junior ».

Ce qu’il faut retenir
- L’éducation aux médias est un sujet transverse qui s’intéresse aussi bien aux humanités qu’à la géographie, aux sujets scientifiques, au numérique, aux sciences économiques et sociales. Avec les réseaux sociaux, son rôle s’élargit aujourd’hui à d’autres enjeux comme la santé mentale.
- L’éducation aux médias, ce n’est pas que pour les enfants. Beaucoup de parents sont démunis face au fonctionnement des réseaux sociaux. La régulation ne suffira pas : il est aujourd’hui nécessaire de fournir des clés d’autodéfense face aux réseaux sociaux à tous·tes les citoyen·nes.
- Les réseaux sociaux sont pour les jeunes un lieu de socialisation entre pairs et d’autonomisation de la sphère familiale. C’est également un endroit où on développe sa propre identité, l’identité numérique, et où on essaie de montrer qu’on existe.
Les citations clés
- « Ce qui manque aux jeunes, ce sont des outils et des réflexes pour déterminer ce qu’est une information fiable d’une information qui ne l’est pas. Certain·es ados suivent des influenceur·ses sur les réseaux sociaux et se demandent comment savoir s’ils et elles peuvent leur faire confiance. » Antoine Deiana, journaliste à franceinfo au sein de la cellule « Vrai ou faux junior ».
- « Plus que des effets des écrans, il vaut mieux parler des effets des mauvaises pratiques. L’écran, c’est un dispositif d’affichage, le temps d’écran est un mauvais indicateur. Il convient de s’intéresser à ce que sont des pratiques bénéfiques (par exemple, le fait de construire son identité en s’identifiant aux communautés LGBTQIA+ ou aux communautés féministes) et des pratiques délétères (le cyber-harcèlement, le multitasking, regarder plusieurs écrans simultanément) », Séverine Erhel, Maîtresse de conférences en psychologie cognitive et ergonomie à l’Université de Rennes II.
- « L’idée des dark patterns, ou designs prédateurs, c’est de capitaliser sur votre temps et vos données et de vous pousser à réaliser des transactions. Ceci pose des questions de régulation, on ne s’en sortira pas avec juste l’éducation aux médias », Séverine Erhel.
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Ukraine, Moyen-Orient : Comment raconter la guerre ?
Table ronde animée par Éric Valmir (Secrétaire général de l’information à Radio France) avec le Prix Bayeux Calvados-Normandie. Avec les interventions de Yashar Fazylov (Fixeur pour Radio France), Angelina Kariakina (Conseillère du président du conseil d’administration de Suspilne — l’entreprise de télédiffusion nationale ukrainienne — et cofondatrice du Public Interest Lab), Robin Korda (Reporter au service Récits du Parisien), Maurine Mercier (correspondante permanente en Ukraine pour RTS, Radio France et RTBF) et Omar Ouahmane (Grand Reporter à la Rédaction Internationale de Radio France).

Ce qu’il faut retenir
- Il est particulièrement difficile pour les reporters de guerre de couvrir le conflit entre Israël et le Hamas car la bande de Gaza leur est interdite d’accès. « On ne voit que ce qu’on veut bien nous montrer et c’est très frustrant », souligne Omar Ouahmane, Grand Reporter à la Rédaction Internationale de Radio France.
- Le ou la fixeur·se, c’est les yeux et les oreilles du ou de la journaliste. Son rôle n’est pas de chercher à l’influencer, à l’emmener sur des chemins qui lui seraient favorables. Le ou la journaliste porte la responsabilité de l’information et garde ainsi le dernier mot.
- Format, approche, ton, conditions de travail, outils…pour couvrir l’actualité en temps de guerre, découvrez notre tour d’horizon de bonnes pratiques.
Citations clés
- « Je suis fâchée qu’on parle moins de la guerre en Ukraine. Il faut être cohérent avec notre public. On ne peut pas autant parler d’un conflit et tout à coup ne plus en parler aux auditeur·ices. Je pense que le public a besoin d’entendre parler de vingt-cinq guerres s’il y a vingt-cinq guerres en cours. Cela relève de notre responsabilité, on le doit aux gens », Maurine Mercier, correspondante permanente en Ukraine pour RTS, Radio France et RTBF.
- « On peut raconter la guerre en racontant la vie. Tout n’est pas que sang et déprime. Il y a énormément d’énergie dans ces pays qui se battent. Mon rôle, c’est de trouver des angles qui ne mettent pas le moral dans les chaussettes à tout le monde dès le matin », Maurine Mercier.
- Comment devient-on fixeur ? « J’ai eu besoin de me sentir utile dans mon pays, explique Yashar Fazylov, fixeur ukrainien pour Radio France. J’ai vu une annonce sur les réseaux sociaux dans laquelle des journalistes expliquaient chercher quelqu’un qui parle Français en Ukraine, pour les aider à couvrir la guerre. »
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Comment réinventer l’information ?
Entretien animé par Didier Si Ammour (Journaliste à Radio France) et Benjamin Fontaine (Journaliste présentateur à franceinfo). Avec l’intervention d’Hugo Travers (Journaliste et créateur de contenu, fondateur de la chaîne YouTube HugoDécrypte).

Ce qu’il faut retenir
- Pour choisir leurs sujets, l’équipe d’HugoDécrypte a trois critères : ceux-ci doivent être à la fois importants, intéressants et concernants.
- L’équipe d’HugoDécrypte a plusieurs tours dans sa poche pour déjouer les algorithmes. Si des sujets sont jugés sensibles, une plateforme peut décider de moins les mettre en avant. La rédaction prend ainsi le parti d’utiliser des astérisques pour masquer certaines lettres, de façon à ce que l’œil de l’algorithme ne repère pas les mots sensibles.
- Sur TikTok, le public est beaucoup plus jeune que sur les autres plateformes. En s’y rendant, le média HugoDécrypte a encore rajeuni son audience.
Citations clés
- « Chaque réseau social peut être utilisé pour faire et diffuser de l’information. Il est essentiel de se défaire de ses a prioris. »
- « Notre équipe a surtout une spécialisation sur les formats plutôt que sur les thématiques. Tu peux être très bon·ne pour faire des contenus sur TikTok et moins sur YouTube. »
- « Nous n’avons pas fait de levée de fonds ni reçu de financement externe. Cela tient à la spécificité du développement de la chaîne. Quand je me suis lancé, j’étais seul. Je n’ai jamais eu cette dynamique de vouloir lever des fonds pour avoir une économie. J’ai recruté un premier journaliste au bout de 3 ou 4 ans lorsque j’ai eu suffisamment de revenus via les publicités sur YouTube. Ce sont les plateformes qui nous financent. »
Pour aller plus loin
- Aperçu et principales conclusions du Digital News Report 2023 par Nic Newman, Senior Research Associate au Reuters Institute for the Study of Journalism.
- La démocratisation de l’intelligence artificielle, à travers l’usage d’outils comme ChatGPT, a poussé la presse à réagir. Comment s’approprier cette nouvelle panoplie d’outils, sans nuire à la qualité de l’information ? Formats, approches, débats, outils : tour d’horizon des usages.
- Alors qu’en France, le groupe Ebra a annoncé vouloir expérimenter l’intelligence artificielle avant de faire marche arrière, des initiatives du même type se multiplient dans des médias locaux américains.
- Sur TikTok, Kelsey Russell partage depuis plusieurs semaines sa nouvelle passion : lire l’édition imprimée du New York Times. À travers ses vidéos, elle entend réconcilier la jeune génération avec la presse papier. Une initiative qui ne passe pas inaperçue, notamment auprès des médias.
- Amour au premier regard, ruptures et compromis. Natalie Thiriez nous raconte l’histoire d’une relation fusionnelle mais tumultueuse entre Le 1 et son papier.
- Violences, désinformations… la nature même de la guerre appelle les médias à un traitement différencié, que ce soit pour mieux servir leurs publics, ou pour s’assurer de la santé de leurs équipes. Format, approche, ton, conditions de travail, outils : tour d’horizon de bonnes pratiques.
- La guerre s’est déclarée en Europe, exacerbant ainsi celle de l’information. Les médias en ont bien conscience et s’engagent à la fois dans leurs enquêtes jusque dans les mots qu’ils utilisent. Plus que jamais l’accès à une information factuelle et vérifiée est une nécessité. Trois façons d’agir quelle que soit l’échelle.



