Si l’on peut penser que live journalism rime souvent avec spectacle finement produit, il existe d’autres manières de faire du live pour un média, et moult bonnes raisons de s’y mettre. Que ce soit pour proposer une autre expérience éditoriale, créer un temps fort avec ses publics, valoriser ses productions ou créer un temps convivial avec sa communauté, par exemple.
Dans cette étude de cas, on entendra le live comme un rendez-vous entre l’équipe d’un média et son public : un temps prévu, fixé à l’avance, vécu en simultané par les deux parties, sans limite de format ni de nombre de personnes, en présentiel comme en visioconférence. Une définition volontairement plus large que celle du live journalism, présenté par l’European Journalism Center comme une pratique qui consiste à porter un reportage (vérifié) sur scène, pour en faire une expérience partagée.
Le live journalism évoque souvent, et à raison, une performance construite autour de journalistes qui se produisent devant un public, à laquelle certains médias se consacrent exclusivement (comme le Live Magazine, initiative française qui produit sur scène des « journaux vivants ») et que d’autres organisent ponctuellement, à certaines occasions (comme le Falter Arena, spectacles de l’hebdomadaire viennois Falter).
Mais ce n’est qu’une forme parmi d’autres : les tailles, les sujets, les thèmes, les intervenant·es, les lieux et les rythmes varient d’un projet à l’autre. Le live peut ainsi s’adapter à différents modèles et stades de développement d’un média, dont le vôtre.
1. Suis-je concerné·e ?
Faire du live n’est pas réservé aux rédactions capables de louer une grande salle de spectacle. C’est une pratique accessible à des médias de toutes tailles, quels que soient leur budget, leur ligne éditoriale et leur ancrage territorial. Un café partenaire, une librairie, une médiathèque, voire ses propres locaux suffisent pour organiser une rencontre avec son public, sans les coûts et la logistique d’une salle de spectacle.
Cela peut répondre à plusieurs objectifs différents (et parfois complémentaires). Par exemple : renforcer le lien avec son public, pour les médias cherchant à s’émanciper de leur dépendance aux plateformes numériques ou diversifier ses revenus, dans un contexte où l’économie des médias est souvent sous tension. Cela peut contribuer à marquer un temps fort de sa rédaction, pour valoriser un sujet, un nouveau produit, un anniversaire… En vous autorisant à aller à rebours des logiques imposées des réseaux sociaux (contraintes algorithmiques, immédiateté…) pour enfin maîtriser le tempo, les conditions de diffusion et de réception de l’information, sans algorithmes à satisfaire.
Si l’un de ces exemples vous parle, vous êtes concerné·e !
2. Pourquoi faire ?
2.a Créer du lien avec les publics et son équipe (ou passer un bon moment)
Soirées de lancements, enregistrements en public de podcasts, ou autres moments plus informels qui s’éloignent du journalisme en tant que tel, ces temps « en présentiel » (comme on dit depuis le covid), sont des moyens de se voir, se parler et partager quelque chose ensemble. Et c’est déjà beaucoup ! C’est un levier précieux pour passer un bon moment, mais aussi avoir l’occasion de rencontrer son public, comprendre ses besoins, ses attentes, etc. Ces moments d’échange sont l’occasion d’interroger directement ses publics via différents dispositifs d’étude d’audience : formulaire diffusé par QR codes, votes à main levée, applaudimètre… ou tout simplement, en posant des questions de vive voix !
La bonne idée : Les 3 Ours proposent de poser des questions via un numéro WhatsApp, auxquelles l’équipe répond à la fin du spectacle. Cela contribue à rendre l’échange plus efficace (une personne peut se charger de réceptionner, trier et rassembler plusieurs questions pendant que quelqu’un d’autre répond) et à encourager les membres de l’audience moins à l’aise pour s’exprimer en public.
Ces temps forts sont également une opportunité de valoriser d’autres membres de l’équipe, au-delà des journalistes, de raconter les coulisses du média, de présenter les actions à venir, et surtout, de créer la discussion. Autant de moyens de créer l’adhésion et la fidélisation de son public… et de participer à transformer son audience en communauté. Une pratique utile notamment aux projets dont le modèle économique repose sur l’engagement (dons, abonnements, etc.) pour pérenniser et renforcer leur modèle.
2.b Diffuser l’information autrement pour marquer les esprits
Pour les rédactions print ou web, offrir un moment en direct, c’est proposer à son public une autre modalité attentionnelle, une autre façon de vivre ou, moins joliment dit, de « consommer » l’information. Plus active, plus engagée, plus immersive. Le live mobilise d’autres sens que la lecture d’un article ou le visionnage solitaire d’une vidéo. Il propose une intensité sensorielle singulière, propre à l’évènementiel, où la production de sens se fait aussi par et avec le public présent. Pour une rédaction, c’est un moyen de réaffirmer sa dimension vivante, humaine et de diversifier ses formats au-delà de l’écrit. Pour le·la spectateur·ice, de développer une relation plus sensible et intime à l’information.
2.c Marquer un temps fort éditorial, valoriser ses productions
Le live permet aussi de matérialiser un temps fort autour d’une thématique sur laquelle la rédaction souhaite se positionner. Un média peut proposer ponctuellement un événement pour valoriser un reportage, une série ou une enquête, comme l’a fait L’Heure du Monde, podcast du journal Le Monde, lors de l’avant-première du podcast « Guerre d’Espagne, l’écho du silence ». Sa diffusion en live, co-organisée avec l’Institut Cervantes (consacré à la promotion de la langue et de la culture espagnole), était suivie d’une table ronde. Ce format est aussi l’occasion de nouer des partenariats avec des acteur·ices qui partagent des thématiques ou des valeurs communes — qui peuvent aussi soulager l’organisation, en mettant à disposition des ressources précieuses (lieux, visibilité, compétences, etc.). Lors de la sortie de son livre, le média français StreetPress a organisé une tournée en librairies pour aller à la rencontre de son public. L’occasion, aussi, de mettre en lumière son offre éditoriale.
2.d Diversifier son modèle économique
Le live peut aussi devenir une source de revenus complémentaire, via la billetterie ou des partenariats associés à l’événement. Une piste à ne pas négliger pour des rédactions qui cherchent à diversifier leur modèle économique !
Plusieurs revues francophones se sont emparées du sujet en proposant ponctuellement des événements pensés pour une expérience en direct, avec une billetterie associée. Le média belge Imagine organise ponctuellement des lives avec ses journalistes sur scène. Philosophie Magazine, revue mensuelle de philosophie, propose en 2026 la première édition de PhiloLive, un festival de philosophie avec billetterie qui réunit les penseur·euses que l’on retrouve habituellement dans ses colonnes. Usbek & Rica, organise pour la deuxième année consécutive Futur, un festival soutenu par de nombreux partenaires. Dans les trois cas, la logique est la même : proposer une autre expérience à son public, en lien avec sa ligne éditoriale, tout en générant une source de revenus complémentaire via la billetterie.
2.e Toucher de nouveaux publics
Aller à la rencontre de publics qui ne consultent pas spontanément vos contenus, en investissant des lieux ou des formats qui leur sont familiers est une autre bonne raison de se lancer dans le live. Mais comment s’y prendre ? Si vous concentrez toute votre communication sur les réseaux sociaux pour promouvoir l’événement, vous courez le risque de vous adresser à la même audience, déjà habituée à consommer vos formats numériques.
La bonne idée : le média français Mediavivant, dont l’aventure s’est arrêtée en 2026, distribuait des flyers et collait des affiches dans la rue en amont de ses spectacles, pour tenter de toucher une audience locale et nouvelle.
Et concrètement ? Aller chercher de nouveaux publics est une priorité pour beaucoup de rédactions. Mais entre la tentation d’élargir l’audience et la capacité réelle à le faire, il y a souvent un écart sous-estimé, en ressources, en préparation, en stratégie. Voici trois questions à se poser avant de se lancer.
2.f Remercier ses soutiens/donateur·ices
Pour remercier ses donateur·ices ou son lectorat, organiser une rencontre peut contribuer à créer un sentiment d’appartenance et à concrétiser de manière plus évidente l’impact de leur contribution financière. Si vous souhaitez en faire un levier clé de votre stratégie pour les dons, il n’est pas obligatoire d’organiser un événement de grande ampleur, notamment si vous souhaitez en proposer régulièrement.Les rencontres en visio peuvent être une bonne option pour valoriser leur soutien et renforcer leur engagement dans la durée. Elles ne demandent ni salle ni déplacement, et offrent un moment privilégié sans limite géographique, réservé à celles et ceux qui soutiennent le média. Un format simple, facile à renouveler. Le média Le 1 hebdo propose par exemple un temps d’échange à ses donateur·ices à distance, en participant à la « Petite conférence de rédaction » mensuelle, en présence du rédacteur en chef et d’experts, pour échanger sur des questions d’actualité et « tester (…) des idées de sujets. »
La bonne idée : Tenoua, média en ligne de pensée juive français, propose chaque trimestre, en visio, une discussion entre un membre de l’équipe et un·e invité·e, pour raconter un projet, étudier une question, présenter une personnalité et son parcours, ou partager les coulisses du média. Un rendez-vous régulier réservé aux donateur·ices, qui permet à la fois de remercier et de nourrir le lien.
Si le format présente plusieurs avantages, il convient toutefois d’avoir en tête certaines limites et d’anticiper des difficultés que vous pourriez rencontrer. Le direct s’accompagne d’aléas, et donc d’une perte de maîtrise par rapport à un contenu écrit ou monté : un intervenant qui se décommande, un problème technique, une salle moins remplie que prévu. C’est aussi ce qui en fait la valeur, mais cela demande de l’accepter en amont. Pensez également aux enjeux liés à la sécurité : partir à la rencontre de votre public peut aussi exposer votre rédaction à des interactions plus ou moins difficiles. Pensez à évoquer ces risques avec votre équipe et à réfléchir à de bons comportements à adopter en cas de problème. Il n’est également pas toujours facile de diversifier son audience grâce au live. Un spectacle payant en centre-ville et un live sur les réseaux sociaux ne touchent pas du tout le même public. Le risque est réel de s’adresser toujours aux mêmes personnes, souvent urbaines et plutôt CSP+ plutôt que d’élargir son audience.
3. Par où commencer ?
Une fois la motivation identifiée, l’idée est de choisir le format (et sa récurrence) en phase avec votre ambition, vos objectifs et la taille de votre équipe. Autrement dit : soyez réalistes.
3.a. Soyez réalistes
Toutes les rédactions n’ont pas la capacité de monter un spectacle — et ce n’est pas toujours nécessaire. La première étape consiste à identifier ce qui est envisageable avec les moyens du bord (temps disponible, compétences en interne, budget), mais aussi ce qui correspond réellement aux attentes de votre public. Il s’agit de distinguer ce qui fait envie de ce qui est faisable, plutôt que de se lancer dans un format trop ambitieux par simple effet de mode. Le live n’est pas nécessairement un événement physique : un live sur les réseaux sociaux ou une visioconférence avec la rédaction peuvent tout aussi bien remplir un objectif d’humanisation, de rapprochement avec le public ou de temps de questions-réponses, pour une fraction du coût et du temps de préparation d’un événement en présentiel.
Le live peut être frugal, ou plus artisanal, à l’image de la « balade-conférencée » organisée par le collectif marseillais techno-critique Le Nuage était sous nos pieds, pour expliquer ce qui se joue autour des data centers. Le média québécois La Converse propose, quant à lui à son public de « booker » un café avec la rédaction pour donner « la parole libre aux gens qui souhaitent s’exprimer et qui veulent faire lever le voile sur leur réalité ». Une façon d’être ensemble et d’apprendre, sans salle à louer, ni logistique trop complexe à mettre en place.
3.b. Savoir quoi raconter
Le choix du format découle aussi de ce que la rédaction souhaite mettre en avant : une enquête en particulier, un anniversaire, une grande question d’actualité, ou plus largement sa manière de travailler. Un récit qui se prête bien à la mise en scène (une enquête de terrain riche en anecdotes, en rebondissements, en personnages) n’appelle pas le même format qu’un temps d’échange davantage tourné vers les coulisses de la rédaction ou vers les grandes questions qui traversent l’actualité.
3.c. Tester l’appétit du public
Comment s’assurer que ce public sera au rendez-vous ? Quelques réflexes simples permettent de limiter ce risque : teaser l’événement en amont sur vos canaux (bouche à oreille, étude d’audience, ouvrir une pré-inscription) pour prendre le pouls du nombre de personnes intéressées.
La bonne idée : Le média Arrêt sur images, basé à Paris, a voulu organiser son premier événement en dehors de la capitale. L’équipe, qui souhaitait lancer une série d’événements hors de Paris, a fait voter son audience pour choisir la première ville de cette tournée et c’est Toulouse qui l’a emporté. À cette occasion, l’équipe y a enregistré une émission en direct consacrée à la couverture médiatique de la récente campagne municipale, en invitant l’un des candidats au scrutin ainsi qu’un journaliste local. En ancrant le sujet dans l’actualité locale plutôt que nationale, l’événement a gagné en pertinence pour son audience. Résultat : une salle de 450 places quasi comble.
3.d. Choisir le format/la récurrence
Une fois le public et le récit définis, reste à choisir la forme qui leur correspond, et surtout sa fréquence. Un format ponctuel (une soirée exceptionnelle pour le lancement d’une enquête) ne demande pas la même organisation qu’un rendez-vous récurrent. Les deux ont leurs avantages. Le ponctuel crée la rareté, l’enthousiasme dans l’équipe et pour le public ; le récurrent installe une habitude et peut devenir, à terme, un format-rendez-vous identifiable.
Les deux ont un coût : le ponctuel demande de tout remobiliser à chaque fois — préparation, communication, logistique — sans bénéficier de l’effet d’habitude que crée la récurrence ; le récurrent demande à l’inverse de maintenir l’effort dans la durée, y compris quand l’actualité s’y prête moins ou que les moyens de l’équipe sont limités.
Mieux vaut donc commencer par un format ponctuel, quitte à le pérenniser une fois que la formule a fait ses preuves, plutôt que de s’engager d’emblée sur un rendez-vous récurrent que l’on ne pourra pas tenir dans la durée.
La bonne idée : Le média allemand Correctiv cherche à développer un format reproductible plutôt que des productions uniques. Leur enquête majeure sur les réseaux d’extrême droite et nazis à Potsdam a été adaptée pour le théâtre et le script peut être réutilisé librement par des salles à travers le pays. Au festival international de journalisme à Pérouse, David Schraven, cofondateur du média, évoquait des dizaines de représentations différentes… sans que cela leur coûte un centime de plus.
3.e Penser les ressources et modèle économique
Un format live a un coût, direct (location de salle, technique, communication) ou indirect (temps de préparation, mobilisation de plusieurs membres de l’équipe). Il doit être anticipé dès le départ, en fonction de l’ambition du format choisi : un pique-nique ou une visioconférence n’ont pas le même besoin de financement qu’une soirée sur scène. Le financement reste, sans surprise, le principal frein au développement de ce type de format. À vous de mesurer le ratio entre l’investissement nécessaire (temps, argent, énergie de l’équipe) et le bénéfice attendu ; qu’il se traduise en engagement de votre communauté, en revenus directs, ou simplement en visibilité pour votre média.
Notez également que les retombées ne seront peut-être pas immédiates. Il ne s’agit pas forcément de générer des revenus directs, mais de renforcer la notoriété du média, la loyauté de son lectorat, ou tout simplement le moral de son équipe. Autant de bénéfices difficiles à quantifier, mais bien réels !
4. Et après ?
L’événement passé, plusieurs questions se posent pour en tirer le meilleur parti. C’est aussi le bon moment pour évaluer si celui-ci a été un succès, sachant que cette notion se définit avant tout en fonction de vos objectifs de départ. Comme il s’agit d’une forme qui peut être bien différente de ce que vous avez l’habitude de produire, les critères de réussite peuvent eux aussi être différents de ceux que vous mesurez d’ordinaire, et moins évidents à quantifier précisément. Voici quelques pistes.
4.a On recommence ?
Ce moment doit-il devenir un rendez-vous récurrent, voire un format signature de votre média ? C’est souvent après un premier essai réussi que se pose la question de la pérennisation. À condition, comme évoqué plus haut, d’avoir les moyens de la tenir dans la durée.
La bonne idée : Et si vous vous rapprochiez d’autres rédactions pour mettre en commun vos ressources et réduire au passage les frais ? Car le live peut aussi être pensé comme un outil de mutualisation entre médias, plutôt que comme un format porté seul. Le Scottish Beacon, réseau écossais de rédactions locales et indépendantes, a organisé « The Power Shift Live », une journée à Glasgow réunissant journalistes, chercheur·euses, militant·es et voix communautaires autour de la transition énergétique en Écosse. L’évènement a été l’occasion de lancer à la fois un numéro spécial imprimé et un nouveau réseau de journalistes environnementaux. Une façon de renforcer les liens entre rédactions et de partager les ressources et les frais : mutualiser permet à de petits médias locaux d’organiser, à plusieurs, un événement à portée nationale qu’aucun n’aurait pu porter seul.
4.b Penser le parcours des publics
On ne va pas les laisser partir comme ça ! Les personnes venues à votre évènement sont probablement parmi les plus engagées de votre public : venir demande un vrai effort (bloquer du temps, parfois payer, se déplacer…), plus engageant qu’un clic sur un article. Le post évènement est l’occasion de penser le parcours de vos publics en capitalisant sur le moment vécu. Après ce bon moment, ne ratez pas vos remerciements. Joignez-y un appel à l’action adapté pour engager votre communauté (appel aux dons, mise en avant d’un abonnement, inscription à la newsletter…), tout en profitant de l’événement pour mieux connaître votre public — qui est venu, pourquoi, avec quelles attentes. Reste à savoir comment récupérer ces informations sans alourdir le moment lui-même : un QR code affiché dans la salle, renvoyant vers un court formulaire ; un questionnaire papier distribué à l’entrée ou à la sortie ; ou, plus informel, un livre d’or où chacun·e laisse un mot en partant. À vous de choisir le format qui colle le mieux à l’ambiance de votre événement.
4.c Replay ou pas replay ?
Faut-il diffuser une captation complète, quelques photos ou des extraits du moment ? À vous de voir en fonction de vos objectifs. Rien n’y oblige : certains formats gagnent au contraire à rester exclusifs pour cultiver la valeur de l’éphémère, mais également encourager la parole des intervenant·es à se libérer, à s’exprimer plus franchement, ce qui peut être particulièrement bénéfique lorsque des personnes peu habituées à parler en public s’expriment sur des sujets difficiles et personnels.
À l’inverse, un contenu partagé après l’événement peut aussi servir à embarquer de nouvelles personnes et à réutiliser le contenu produit ce jour-là. À vous de trouver l’équilibre entre ce qui est partagé ou pas. Cela va dépendre de l’audience que vous voulez atteindre mais également du sujet que vous allez traiter. Préférez-vous que la personne sur scène s’exprime avec confiance et liberté face à une audience plus restreinte pour laquelle elle aura un impact plus important ? Ou au contraire, produire un moment qui pourra être visionné a posteriori, par un plus grand nombre ?
4.d Faire le bilan
Enfin, mesurez votre impact. Faites le bilan de l’événement au regard des objectifs fixés en amont : nombre de participant·es, retombées en dons, en abonnements, en presse ou en notoriété, retours qualitatifs de votre public… C’est ce bilan qui vous permettra de décider, en connaissance de cause, si le format mérite d’être reconduit. Le plaisir d’être ensemble et le fait d’avoir passé un bon moment peuvent aussi compter dans les KPI !
Pour un format de ce genre, il peut être difficile d’identifier les données pertinentes, tant les retombées diffèrent de celles habituellement suivies dans vos activités. Plutôt que d’évaluer les revenus générés ou le taux d’ouverture de la newsletter, mieux vaut accepter que l’impact d’un événement se mesure souvent difficilement, et sur le temps long : renforcement de la fidélité, sentiment d’appartenance à une communauté, meilleure compréhension de l’information, info-anxiété atténuée…
Veillez aussi à prendre du recul. Même si l’événement n’a pas répondu à toutes vos attentes, c’est souvent quand même un temps fort en notoriété et en apprentissage : l’occasion d’embarquer de nouvelles personnes, et de réutiliser ailleurs les compétences et savoirs développés à cette occasion !
